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Pieux en bois  à la pointe forgée découverts lors des travaux de septembre 2017;

Ce type de pieux ont été fabriqués dès l'époque romaine et jusqu'au XIXème siècle. 

Hubert Goubard (à l'initiative avec sa femme Josette de la création du musée du fer blanc) et grand collectionneur, nous a aimablement transmis une ancienne facture datée du 8 avril 1915 au nom de l'entreprise Cochon et Deforge meuniers, destinée à Monsieur Poisson,  boulanger. à la Flèche.

C'est le seul document original ancien que nous possédons. Sommes à la recherche de sacs à farine au nom du moulin de la Barbée.  

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Historique

Depuis des temps immémoriaux, le Loir, dans sa traversée de la paroisse ou de la commune, faisait mouvoir trois moulins. Le premier au château de Bazouges (toujours visible), le second près du château de la Barbée (qui était alors lacustre) et le dernier, plus en aval, au lieu-dit Moulin-neuf, appelé aussi Tête de veaux (chaussée détruite en 2008). Le texte le plus ancien attestant de l’existence du moulin de la Barbée date de 1100. A cette époque, le moulin dépendait de la seigneurie du même nom. Il est resté propriété nobiliaire jusqu’en 1961. L'histoire du moulin est donc très liée à la succession des familles qui en ont été propriétaires.

Les premiers seigneurs connus de la Barbée

 Vers 1090, Raoul de Barbata 

1095-1102 : Hugues de la Barbée

en 1364, le fief de la grande Barbée appartient à Isabelle de Bourbon

en 1379, le fief est acquis par Guilllaume Poinceau, chevalier seigneur de la Roche Abileau.

en 1408, Jeanne de Soucelles

1439, Jean de Clefs

1453, Raoulette de Montalais

1488, Ambroise de Clefs

De 1489 à 1603, le fief de la Barbée appartient à la famille de Dureil. C'est sous le règne de Goffroi de Dureil qu'est embelli le château construit sur la rive en remplacement du château primitif situé sur une île (actuellement boisée). Ce second château sera à son tour détruit et reconstruit en 1810.

Le fief passe alors dans la famille Le Féron. Jacques le Féron est receveur des tailles à la Flèche, puis Conseiller et Maître d'Hôtel Ordinaire du Roi. Sans enfant, il transmet l'héritage à ses neveux qui en auraient fait une gestion désastreuse. Le fief est acquis par adjudication par Guillaume Gilles de la Bérardière, en 1688. En 1752, la terre de la Barbée est érigée en Baronie.

En 1801, le domaine est acquis par François Roulet la Bouillerie (son ancêtre Gabriel Roullet, né en 1685 avait acquis, en 1730, la terre de la Bouillerie, important fief de la paroisse de Crosmières).

Les noms des meuniers qui ont eu en fermage les moulins sont connus par les baux. Nous avons copie de ceux qui concernent:

- Pierre Chevé et Anne Goyon sa femme, demeurant au moulin de Touvé à Crosmières (1806),

- Simon Taudon et Anne Foin, demeurant à Durtal (1816).

(Source : A. Coutard, Le Moulin de la Barbée, 1990, document ronéoté.)

Compte tenu de l'emplacement du moulin et de la forme massive de la tour dont les murs sont très épais, on peut supposer que le bâtiment jouait un rôle dans le contrôle de la navigation sur le Loir. Si le moulin est maintenant masqué par les arbres, il n'en était pas de même dans le passé. La tour du moulin - haute et massive - dominait l'espace environnant. Le château de Bazouges et Les Moulins Neufs pouvaient communiquer par des signaux lumineux.

Rappelons que des tours de guet jalonnaient les bords du Loir, de façon à pouvoir assurer la surveillance des déplacements et activités. Jusqu'au XVIII ème siècle, les rivières étaient en effet la voie de circulation la plus usitée sur les longues distances, car plus rapides et plus sûres. Sur le Loir (voie navigable, jusqu'en 1957), les marchandises (pierres, sable et gravier, briques, vin, céréales, ....) y étaient transportées sur des bateaux à fond plat; sous l'ancien régime, une redevance était perçue au franchissement des chaussées qui se faisait avec l'aide du meunier.  Les moulins constituaient des lieux de passage et de convivialité importants. Ils représentaient une source de revenu enviable.

En 1826, le Comte de la Bouillerie demande l'autorisation d'ajouter à son moulin une 4 ème roue munie d'une chaîne à godets afin de pouvoir irriguer ses terres et alimenter en eau le parc de son château, ce qui nécessite une prise d'eau supplémentaire. Cette autorisation est accordée sans problème, à la suite des avis positifs du Conseil Municipal de Bazouges et du Sous-préfet de La Flèche.

A la fin du 19 ème siècle, l’usine comprend 4 roues hydrauliques d’une force motrice totale de 16 chevaux, 4 paires de meules à blé ainsi que 6 pilons à battre le trèfle. La roue à godets qui remontait l’eau au château est remplacée par une pompe élévatoire construite par les usines Bollée du Mans. Cette pompe a existé jusqu'en 1985.  Une partie de la canalisation est encore visible au franchissement du canal de décharge en aval du moulin.

"Des bielles de fonte de plus de 1 mètre de haut, 3 pistons en bronze d'environ 300 mm de diamètre, une cloche anti coup de bélier plus haut qu'un homme, sans doute un exemplaire unique étudiée à la demande. J'avais proposé à l'époque à l'usine Bollée du Mans de venir le reprendre sur place, j'en faisais don à leur musée, mais cela semblait créer tant de complications, et moi je n'avais pas de place." (témoignage Pierre Doire rapporté par André Coutard, dans l'étude historique du moulin  réalisée en 1990).

Une génératrice produisait de l’électricité pour l’éclairage du moulin, de la maison du meunier ainsi que le château et les fermes attenantes (un témoin nous a rapporté que la première trayeuse électrique mise en service était alimentée par la génératrice du moulin).

Litiges

A l'époque où les moulins représentaient une richesse importante (l'énergie hydraulique ayant avantageusement remplacé le travail de l'homme et de l'animal - les moulins à sang), l'histoire du moulin de la Barbée a été traversée de litiges divers. Ainsi au XVème siècle, les seigneurs de Durtal et de La Flèche prétendent chacun avoir la juridiction et droit de mouture sur les moulins de La Barbée, sur le Loir, entre Bazouges-sur-Loir et Durtal. Pour régler le différend une enquête est menée en 1428, au cours de laquelle sont entendus plusieurs témoins. (Information transmise par Christian Cussonneau, Association des moulins d'Anjou).

Actuellement, un litige avec le département de la Sarthe qui a hérité de l'Etat les rivières domaniales concerne la propriété du clapet et du seuil-déversoir. En réponse aux demandes des maires des communes riveraines du Loir et des propriétaires riverains, le Département de la Sarthe a commandité "une étude juridique (...) afin d'établir précisément les limites de propriétés ainsi que les droits et les devoirs qui en résultent" (D. Le Méner, 23.01.2019). (Voir page "un bâtiment en péril")