L'entretien de la rivière et des ouvrages nécessite que soient abaissés les niveaux d'eau sur le Loir par ouverture des clapets et vannages. C'est ce qu'on appelle des écourues (voir les informations à la fin de cette page). Dans le passé leur organisation était systématique et.faisait l'objet d'arrêtés préfectoraux publiés plusieurs mois à l'avance, ce qui permettait de planifier les travaux et la venue des entreprises, si cela s'avérait nécessaire. Depuis la cession par l'Etat aux départements des rivières domaniales, l'organisation des écourues par le département de la Sarthe est devenue problématique, ce qui entrave le bon entretien de la rivière et du bâti. Les textes et documents réunis dans cette page (présentés des plus récents au plus anciens) attestent de ces difficultés et de l'implication des propriétaires de la Barbée pour que les administrations en charge du Loir renouent avec de bonnes pratiques.

Automne 2020

Le département de Maine et Loire organise des écourues sur le Loir du 18 septembre au 20 novembre 2020. Nous avons demandé qu'il en soit de même en Loir Sarthois de façon à ce que les riverains et propriétaires d'ouvrages puissent assurer des travaux de maintenance et d'entretien. Les dernières écourues datant de 2009, il y a urgence… La vanne principale du moulin de la Barbée a besoin d'être réparée et il est indispensable d'assurer une surveillance des fondations….

L'absence d'écourues contribue à la prolifération des plantes aquatiques, notamment la Jussie.

Nous attendions avec impatience la réponse du département de la Sarthe de façon à pouvoir planifier les travaux à réaliser.

La réponse est enfin arrivée (courrier daté du 25 août 2020) : pas d'abaissement des clapets en 2020. "J'ai demandé à mes services de prévoir au titre du budget 2021, des montants nécessaires à la réalisation des diagnostics des clapets et de leurs organes de manœuvres ainsi que des interventions de maintenance, permettant la mise en place partielle d'écourues en fin d'année 2021".

En attendant, le Loir n'a qu'à bien se tenir ! Les algues qui ont envahi le bief de Bazouges pourront continuer à proliférer. Les propriétaires privés ne pourront à nouveau pas inspecter les fondations de leurs ouvrages et entreprendre les travaux nécessaires. Désespérant !

Dans la matinée du 21.10.2020, apprenant par un agriculteur riverain du Loir que les aiguilles du barrage du moulin du château de Bazouges seraient retirés en début d'après-midi (pour permettre l'entretien du marais de Cré), nous avons ouvert les vannes du  moulin de la Barbée de façon à ce que les sédiments et les végétaux accumulés en amont ne soient pas arrêtés dans le bief de Bazouges.  Le niveau d'eau a baissé de 10 cm environ, ce qui a été constaté par la personne en charge de l'étude Loir commanditée par le Département de la Sarthe. Pas de quoi pouvoir inspecter des fondations du moulin, combler le "renard" du canal d'amenée  à la vanne ouvrière, réparer cette vanne, ...

Les photos ci-après ont été prises le 26.09.2020, en amont et en aval du moulin de la Barbée. Bien que les vannes du moulin soient ouvertes, l'eau passe toujours sur le seuil-déversoir. Le niveau d'eau en aval est très abaissé du fait de l'ouverture des clapets en aval. L'eau ne passe plus sur le seuil déversoir de Durtal. 

Le tertre qui s'est formé en aval provient de l'effondrement d'une parcelle attenante au moulin située à proximité du clapet (à l'époque où le département de la Sarthe avait abandonné le Loir - voir page "un bâtiment en péril"). La présence de cet atterrissement contribue à modifier le cours de la rivière et fait obstacle à l'écoulement de l'eau.

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Ecourues partielles organisées par la Ville de La Flèche

Si nous n'avons pas réussi à faire ouvrir le clapet de La Barbée, celui des Belles Ouvrières a été ouvert, la ville de La Flèche souhaitant réaliser des travaux au moulin de la Bruère, propriété municipale. 

Les photos ci-après ont été prises le 23.09.2020.  Le clapet est complétement abaissé de même que le niveau de l'eau du Loir.

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Septembre 2019

Cette année encore, les riverains du Loir ne bénéficieront pas d'écourues. Ainsi en ont décidés les services compétents du département de la Sarthe, qui sous le prétexte que le Loir a été déqualifiée comme rivière naviguable, ne nécessite plus d'entretien !

Conséquences pour le moulin de la Barbée et ses propriétaires : impossibilité de faire réparer la vanne ouvrière principale ; impossibilité de finaliser le projet d'installation de deux hydroliennes permettant la production d'électricité; surcoût des travaux pour consolider la tour du moulin fragilisée par le ravinement consécutif à l'ouverture intempestive du clapet.

Si les riverains du Loir n'ont plus que leurs yeux pour pleurer, ils se consoleront en apprenant que les écourues ont lieu sur la rivière Sarthe et qu'elles seraient même bien nécessaires ! (voir les articles parus dans les Nouvelles le 12.09.2019).

Octobre 2018

Articles parus dans la presse locale (Les Nouvelles - Le Maine Libre) en octobre 2018 à l'issue d'un point presse organisé par le Maire de Bazouges-Cré sur Loir

article les nouvelles - écourues Loir

les Nouvelles 18.10.2018

article Le Maine Libre, 15.10.2018

Septembre 2017

Nouvelles du Loir : où en est-on de la gestion des vannages ? (article paru dans le Bulletin de l'Association de Sauvegarde des Moulins et Rivières de la Sarthe, septembre 2017)

Ainsi que nous l’avions annoncé dans le précédent numéro du Bulletin, le groupe de travail «Gestion coordonnée des vannages du Loir» s’est à nouveau réuni en matinée, le vendredi 30 juin 2017, à l’Hôtel de Ville de Vendôme, sous la Présidence de M. Philippe CHAMBRIER, Vice-Président de la CLE du SAGE Loir. Il s’agissait de valider la liste des ouvrages susceptibles d’être concernés par une gestion coordonnée et de valider les termes de la charte de gestion coordonnée des ouvrages.

Jean Weil, au titre de délégué Loir de l’ASMR72, et Annick Weil-Barais, au titre de Présidente du CADVIL assistaient à cette réunion. Au préalable, nous avions reçu un tableau détaillé récapitulant les ouvrages des parties non domaniales et domaniales du Loir ainsi qu’un projet de texte de convention. Bien que le temps imparti à l’examen de ces documents fut court, nous avons pu avoir des échanges avec Patrick Coiffé qui s’est d’ailleurs déplacé pour nous rencontrer au moulin de la Barbée. Au nom de l’ASMR72, nous avons rédigé ensemble une note écrite de trois pages, transmise au Président de la commission et à l’animateur du SAGE Loir Alexandre Delaunay. Nous reproduisons ci-après les passages les plus importants :

« L’ASMR72 salue la volonté de la CLE du SAGE Loir d’aboutir à une gestion coordonnée des vannages du Loir, notamment pour la partie domaniale à propos de laquelle l’association se plaint depuis plusieurs années d’un abandon de la gestion des clapets par le département de la Sarthe et d’une absence de coordination entre le département de la Sarthe et celui du Maine et Loire pour l’organisation d’écourues.

Le Président de l’ASMR 72 tient à préciser que l’association ne représente pas tous les propriétaires de moulins et n’est pas habilitée à signer une charte de gestion des vannages, a fortiori lorsque ces vannages appartiennent à des collectivités (cas des clapets sur la partie domaniale du Loir). Il regrette que le peu de temps imparti à l’examen du texte n’ait pas permis l’organisation d’une large consultation au sein de l’association.

Dans un esprit de coopération et de concertation, le Président de l’ASMR72 et son représentant au sein de la CLE Loir formulent un certain nombre de remarques. (….)

Le préambule aborde les raisons incitant à une gestion coordonnée des vannages du Loir : «l’absence de gestion de certains ouvrages accentue les phénomènes de blocages sédimentaires et piscicoles »

Il conviendrait d’ajouter :

1. Le maintien impératif des niveaux d’eau qui conditionne :

- les prises d’eau pour l’irrigation et l’élevage,

- les prises d’eau pour l’alimentation en eau des communes riveraines,

- le maintien du patrimoine bâti (châteaux, édifices religieux, maisons riveraines et ouvrages d’art),

- les prises d’eau à usage industriel,

- la production d’hydroélectricité,

- les fonctions touristique, récréative et ludique de la rivière.

2. Les raisons d’une bonne gestion des vannages :

- réaliser des écourues qui permettent d’entretenir la rivière, les ouvrages et les berges en pratiquant une politique de prévention bien moins coûteuse que les actions de reconstruction complète,

- de ralentir et d’étaler les crues,

- de réaliser une certaine sécurisation des riverains en cas d’inondations. »

Tous les départements traversés par le Loir étaient représentés à cette réunion très importante pour l’avenir du Loir.

Alors que la réunion commençait dans un large esprit de concertation, la déclaration du représentant du Département de la Sarthe (Monsieur Brandely, un nouveau venu à la CLE du SAGE) a fait savoir que, en application de l’article L. 2421-12 du CGPPP (Code Général de la Propriété des Personnes Publiques), le département n’engage, depuis le transfert du DPF (Domaine Public Fluvial) en 2008, aucune dépense sur les ouvrages du Loir et « ne sera donc pas en mesure d’ assurer une gestion coordonnée des vannages ». Stupeur générale. Monsieur Chambrier estime que la position du département de la Sarthe est incompatible avec l’obligation d’entretien par son propriétaire et pose un problème d’exemplarité vis-à-vis des autres propriétaires. Le Département de la Sarthe attendrait de la prise de compétence GEMAPI (Gestion des Milieux Aquatiques et Prévention des Inondations) par les collectivités locales un changement de gestion reposant sur des conventions entre le département, propriétaire des ouvrages, et des privés ou collectivités qui auraient la charge des manœuvres. Le département de la Sarthe ne s’engage en rien pour 2017. Par contre, le Département du Maine et Loire (représenté par Madame Kristell Allée) a prévu des écourues du 15 septembre au 15 décembre 2017. Ce département qui gère trois tronçons de rivières (Sarthe, Mayenne, Loir) organise des écourues avec une périodicité de trois ans, par rivière, et ne souhaite pas s’engager pour des écourues annuelles sur le Loir, sauf s’il y a des demandes explicites de travaux.

En définitive, il est proposé de définir une période d’ouverture privilégiée en écourues sans pour autant imposer l’abaissement systématique des vannages. La période allant du 15 septembre au 15 octobre sera privilégiée dans un premier temps. En ce qui concerne la période hivernale, il est préconisé de tenir compte des débits, avec comme référence les stations de Durtal, Villavrad et Saint Maur sur le Loir. Il est suggéré d’impliquer les propriétaires dans les premières années d’expérimentation de gestion (suivis, analyse des effets potentiels, pertinence des débits seuils fixés). Un protocole de suivi devrait être élaboré. Nous avons soutenu cette idée, les propriétaires des moulins et les riverains étant généralement de très bons observateurs impliqués.

Un document d’intention en vue de la gestion coordonnée des vannages du Loir (plutôt qu’une charte de gestion que nous avons réfutée comme d’autres membres de la commission) nous a été adressé fin juillet. Il s’agit d’un document de travail, susceptible d’être modifié (document disponible sur le site de l’ASMR72).

Nous avons appris avec plaisir que le clapet du barrage de Pont (dernier barrage avant la jonction du Loir avec la rivière Sarthe) va faire l’objet d’une restauration par le Conseil Départemental du Maine et Loire et que ce département avait renoncé à « effacer » des seuils déversoirs ; il projette la construction de passes à poissons. Du point de vue de la continuité écologique, la question de leur utilité se pose toutefois car la plupart des moulins sont assortis de canaux, de bras de dérivation ou de boires qu’il suffirait souvent de nettoyer. La commune de Durtal a donné l’exemple en restaurant le port et en curant les canaux de dérivation. L’eau vive y court avec allégresse et les pécheurs sont revenus.

Jean Weil et Annick Weil-Barais

Les écourues sur le Loir (article paru dans le Bulletin de l’ASMR72, octobre 2014)

Depuis plusieurs années, nous nous plaignons de l’absence d’écourues générales sur le Loir. Les arguments avancés par le Conseil Général de la Sarthe sont divers : non manœuvrabilité des ouvrages (ce qui n’est pas totalement faux, notamment dans le secteur du Lude où les ouvrages ne sont pas entretenus), mauvaise volonté de la part des propriétaires (ce qui n’est absolument pas général !), absence de travaux de la part des propriétaires (ce qui est également en grande partie faux !), voire leur inutilité.

L’an dernier (en 2013), en aval de la Flèche, au prix de très nombreuses interventions, nous avions réussi à ce que les clapets des Pins et de la Barbée soient abaissés, ce qui avait permis de procéder à des travaux urgents : réparation du mur à la sortie du coursier au moulin des Pins qui menaçait de s’effondrer, réparation d’une vanne au moulin de la Barbée. Les écourues étant intervenues trop tard, tous les travaux prévus n’avaient pas pu être effectués, les niveaux d’eau étant restés élevés.

A la fin du mois d’août dernier, à notre grande surprise, puisque non prévenus, les services techniques de la Communauté de Commune de la ville de la Flèche sont venus abaisser les mêmes clapets, pour raison de travaux, profitant des écourues générales organisées par le département du Maine et Loire, du 15 septembre au 15 décembre. Contrairement au Conseil Général de la Sarthe, celui du Maine et Loire est en effet justement convaincu de l’utilité des écourues, comme en attestent les informations qu’on peut trouver sur leur site (cf. texte en fin d'article).

Espérons que la mise en place du SAGE Loir permettra une harmonisation des positions et actions des Services en charge de l’entretien de la rivière. Et surtout, que les riverains et propriétaires soient informés des manœuvres ! En effet, quelle ne fut pas notre surprise de subir une remontée brutale des eaux dans la soirée du 9 octobre. Armés d’une pile, nous avons du, dans la précipitation, remonter des bois provenant de la coupe d’arbres morts ou trop penchés situés sur les rives de nos canaux. Des planches posées pour éviter de s’enliser dans les parties envasées ont été emportées, Nous avons appris un peu tard que le clapet situé en amont de la Flèche avait été abaissé. Le lendemain, nous avons reçu des appels alarmés de riverains situés en aval qui ne comprenaient pas pourquoi l’eau était remontée, interrompant brutalement leurs travaux en cours ou programmés.

Malgré ces ratés, nous avons été contents de pouvoir faire réparer le mur à la sortie du coursier. Nous avons pu couper les arbres qui poussent dans les murs, extraire toutes les horreurs qu’on trouve au fond des canaux quand l’eau s’en retire, enlever les arbres et les branches mortes sur les rives, … On sait bien qu’il faut le faire régulièrement pour que le Loir reste une rivière belle et agréable où il fait bon pêcher et se promener en bateau.

Annick Weil

Lu sur le site du Conseil Général du Maine et Loire (extrait)

http://www.cg49.fr/le-conseil-general-a-votre-service/environnement-et-developpement-durable/leau/les-ecourues/

Chômage et / ou écourues

Les chômages de voies d'eau correspondent à l'arrêt de la navigation pour des raisons techniques. Cette période d'inactivité est alors mise à profit pour procéder à des abaissements de niveaux :ce sont les écourues.
Ce terme local désigne donc l'abaissement de la rivière ou de certains biefs après l'ouverture des barrages, voire la mise à sec de certaines parties du cours d'eau.

Pourquoi faire des écourues ?

Les écourues doivent répondre aux besoins de travaux d'entretien ou de remise en état de la rivière, de ses rives et de ses ouvrages (ponts, barrages...) et contribuent plus généralement à la surveillance de la voie d'eau et au contrôle de ses équipements.

Les écourues sont également propices au retrait des déchets divers et variés qui sont alors découverts dans le lit de la rivière. Ce nettoyage participe à l'objectif de retour à un bon état écologique de la rivière (souligné par nous).

Programmation des écourues

Elles ont lieu habituellement tous les trois ans et sont organisées conjointement par les départements du Maine-et-Loire, de la Sarthe et de la Mayenne, sur les sections navigables des rivières du bassin de la Maine, de façon alternée (Sarthe, Maine, Oudon et Mayenne), ainsi que sur le Loir.

En Maine-et-Loire, les écourues auront lieu cette année sur la rivière Loir, dans sa partie comprise entre le Barrage de Chalou (à la limite du département) et le Barrage de Pont (Briollay), du lundi 15 septembre 2014, jusqu'en décembre.

Événement dans la vie d'une rivière, la période de chômage de la voie d'eau annonce une série de travaux. Usagers ou riverains du Loir, profitez de ce moment pour découvrir l'autre visage de la rivière.
A noter que ces dates sont prévisionnelles et que les conditions climatiques, aléas de chantiers ou autres événements exceptionnels prévus sur le cours d'eau pendant cette période de chômage pourraient rendre impossible la réalisation des écourures ou amener le Conseil général à modifier les dates d'abaissement ou de remise en eau de certains biefs.

Comment s'organisent les écourues ?

Propriétaire et gestionnaire de la voie d'eau, le Conseil général de Maine-et-Loire est responsable de la réalisation des écourures. Sur les linéaires concernés, le calendrier de mise en écourues est élaboré après une concertation locale qui débute l'année précédente.

En effet, les chômages ne sont pas sans conséquences sur les activités et usages de la rivière : navigation de plaisance et sportive, pêche, hydroélectricité et alimentation en eau potable...

Il convient donc de trouver le juste compromis entre la gestion des écourues et une remise en eau rapide pour restaurer un niveau d'eau compatible avec les usages prioritaires : maintien de l'alimentation en eau potable et protection du milieu naturel.

2009 : Ecourues organisées sur le Loir par l'ASMR72 

(convention avec le CG de la Sarthe, le département ayant renoncé à en organiser, faute de moyens). 

Tout le monde s'y met : les amis de l'ASMR72, les petits fils, ...

 Nous avons procédé alors à un grand nettoyage des canaux et réparé la partie du barrage qui appartient au département, faute que celui-ci s'en préoccupe !   Depuis lors, il faut se battre chaque année pour obtenir l'abaissement des clapets en septembre, ce qui permet un abaissement du niveau d'eau, de façon à pouvoir inspecter les ouvrages et les réparer si nécessaire. En 2006, alors  que cet abaissement aurait été nécessaire pour réparer les dommages (voir page "un bâtiment en péril), rien a été fait.

Des amis du moulin sur le barrage  (à gauche) et nos deux petits-fils Alexandre et Julien  (à droite) qui ramassent les objets échoués.

courues moulin de la Barbée

courues 2009 moulin de la Barbée