Léon Péan, le dernier meunier de la Barbée

Léon Péan a exploité le moulin de 1934 à 1960. En plus de la roue à eau au pignon de la tour, en 1937, il a fait installer une roue de 1 m 50 de large dans le troisième chemin d’eau et remplacer les cylindres et les bluteries rondes par des plansichters (tamis vibrants). Avec la force motrice de deux roues, il peut alors écraser jusqu’à 90 Q par 24 h et obtient un contingent de 21 000 Q. En 1939, il est mobilisé et fait prisonnier de guerre en Allemagne où il est employé à la meunerie.

Durant six ans, c’est son épouse qui fait tourner le moulin. Le camion ayant été réquisitionné, elle livre la farine avec une voiture à cheval.

Arrivé à l'âge de la retraite, Léon Péan quitte le moulin la première semaine de janvier 1961. Le Loir était alors en pleine crue (80 cm d’eau recouvrait le rez-de-chaussée du moulin) ; le meunier doit effectuer ses derniers voyages en bateau.

Faute d’avoir retrouvé un repreneur, alors que l’affaire tournait bien, le moulin est vidé, ses machines ferraillées (il ne reste plus que les engrenages à l’anglaise); le moulin est très vite squatté : tout ce qui peut être arraché et brûlé est emporté.

La maison du meunier ainsi qu'une partie du moulin sont acquis, en 1961, par les époux Chailleu. qui y installent alors une guinguette (1). Une terrasse en béton est construite au premier étage de la façade nord du moulin pour recevoir des groupes. L'activité périclite très vite. La maison du meunier est revendue ; le moulin est laissé à l'abandon. 

(1) Lors des journées des moulins, en 2018, un visiteur a témoigné du fait qu'il avait été employé comme plongeur à la Guinguette. Il en gardait un excellent souvenir.

(D'après des Informations données par Annick Péan, fille de Léon, et par Pierre Doire)

Carte postale 1950

Carte postale (datée de 1952) - photo prise en aval du moulin - remarquer l'absence d'arbres le long des rives - il était alors interdit d'en laisser pousser.

Photo Péan

Moulin vu de l'amont (photo communiquée par Annick Péan). Le bâtiment devant le moulin (à droite de la photographie) a disparu. Le meunier s'en servait de remise. La roue principale est recouverte (à gauche de la photo - on voit le haut du vannage).

vue de l'aval

Moulin vu de l'aval (photo communiquée par Annick Péan, le 10.12.2019)